Oh my god, quelle expérience. Je ne sais pas trop quoi dire dessus puisqu’il s’est déjà attiré un véritable culte! C’est compréhensible tellement le jeu déborde d’une créativité débridée et nous rappelle à quel point les jeux vidéo peuvent être EXALTANTS, rien de moins!
Pourtant, ma relation avec Pizza Tower a démarré de façon un peu cahoteuse. La direction artistique qui combine les cartoons Ren et Stimpy et Courage le chien froussard avec MSPaint me rendait d’abord plutôt mal à l’aise. Mais pour des raisons qui me sont inconnues, l’anxiété ultra-agressive de Peppino a su me charmer et dès ce moment toute l’esthétique avait un sens pour moi. Pizza Tower est dégueux et il faut d’abord s’abandonner à cette réalité pour en apprécier toute la qualité.
Une fois converti à l’énergie du jeu, on peut se retourner vers son contenu et on se retrouve avec une expérience dont les parallèles avec Wario Land 4 sont évidents. Par ailleurs, l’auteur cite lui-même ce vieux jeu de Game Boy Advance comme référence qui a marqué sa jeunesse. Pizza Tower offre donc aux joueurs des niveaux à la structure plutôt simple qui permettent de mettre l’emphase sur la maîtrise des nombreuses capacités et transformations du personnage principal. Chaque niveau culmine en une course contre la montre pour s’en échapper ce qui nous fait le reparcourir dans le sens inverse. Quand on réussit à s’en sortir, on reçoit une note basée sur le nombre d’ennemis tués, de secrets découverts et de collectibles ramassés.
Ce n’était pas nécessairement un style de platforming auquel j’étais habitué et ça m’a pris quelques heures pour bien m’acclimater. Mais une fois rendu capable d’enchaîner les charges, les wall-climbs, les buttstomps et même les piledrivers – je me suis retrouvé entièrement accroché et je me suis lancé à la conquête des scores parfaits pour chaque niveau – les infâmes P-Ranks. Ce n’était pas une mince affaire mais je dois saluer la difficulté qui ne m’a jamais semblée injuste ni frustrante.
Un P-Rank, ça se célèbre en bonne et due forme.
Et d’ailleurs, je crois que c’est la manière de gérer la difficulté de Pizza Tower qui mérite d’être soulignée ici. Elle est rudement bien concue. Pour le joueur qui désire prendre son temps, trouver les secrets et simplement faire le tour du jeu, Pizza Tower offre une expérience très confortable et accommodante. En effet, Peppino est essentiellement invincible, pouvant tomber dans des puits sans fond et être endommagé par des ennemis autant de fois que souhaité! Pour le joueur qui cherche un défi, le jeu offre un système de classement qui nécessite une mémorisation des niveaux et une maitrise complète des capacités de Peppino. Cette flexibilité élégante ne nécessite aucun choix de niveau de difficulté du joueur! La simplicité de l’approche est inspirante.
Alors voilà, je ne dirai pas plus. Pizza Tower est un S-Tier pour moi et j’en aurais encore long à raconter: je pourrais écrire sur la manière dont le créateur a su s’attirer une communauté le supportant pendant les cinq années de développement, lui assurant ainsi un succès commercial dès sa sortie mais ce sera l’objet d’un futur article!
Un ti-gars de cheu nous! Prêt à prendre d’assaut la côte-ouest!
En temps normaux, si j’apprenais que ma conjointe devait se rendre à Vancouver et y demeurer deux mois pour le travail, je me serais préparé à un douloureux amour à distance. Cela dit, de cette époque qui a révolutionné le travail à distance, j’ai plutôt décidé de l’accompagner. Ainsi, à Vancouver comme au Québec, je pourrai continuer mon habituel Work From Home avec cela de merveilleux que j’en profiterais pour découvrir une ville quasi-mythique. Ô oui, mythique, rien de moins: personne ne reste indifférent aux charmes de Vancouver et dans mon entourage il n’existe que deux types de personnes: celles qui l’ont visité puis adoré et celles qui rêvent de la visiter. Me voilà donc heureux de pouvoir faire connaissance avec cet emblème de la côte-ouest canadienne.
J’ai la chance d’habiter au plein cœur de la péninsule de Vancouver dans le quartier de Yaletown. On ne pourrait être plus au cœur de la ville: le quartier est reconnu pour ses multiples gratte-ciels mélangeant condos, appartements et bureaux d’affaires ainsi que son coût de la vie exorbitant. Notre appartement en témoigne de lui-même: blotti au 23e étage des Telus Garden, cet humble trois et demi ne demande que la modique somme de 800,000$ en échange de sa propriété. Inutile de dire que nous avons la chance de rester dans un quartier duquel nous n’aurions normalement pas les moyens et que notre expérience de Vancouver en sera forcément teintée.
Ses restaurants
Une chose qui m’a frappé dès mes premières journées était l’incroyable quantité de petits restaurants qui parsèment les rues du centre-ville. Toutes les cultures de la ville se rassemblent autour de la bouffe pour offrir une diversité déconcertante à celui qui veut se remplir l’estomac. Puisque pour moi la bouffe est l’aspect le plus important d’un voyage, c’était évident que j’allais essayer un maximum de ces restaurants dont les effluves inondent l’air de la ville.
D’la bonne CROQUE
Et maudit que c’est BON. En tête de file, c’est d’abord la population asiatique qui s’illustre: Chinoise, Vietnamienne, Coréenne, Thaïlandaise et Japonaise, toutes ces cuisines (et plus encore) sont représentées autant par les plus humbles des p’tites shops que les restaurants les plus huppés de la ville. Particulièrement pour la nourriture Japonaise que je connais bien, on retrouve de tout: curry, sushi, donburi, tempura, kaiseki, ramens, karaage et Tonkatsu, tout y est. Je regrette toutefois comment le porc du Tonkatsu m’est apparue de moins bonne qualité que ce qu’on retrouve au Japon et au Québec mais cela ne m’importe que si peu, au fond, puisque c’est tellement bon et réconfortant. Y’a rien qui bat de la bonne Croque – ou même la Croque-molle quand elle se présente en sauce.
Bon, j’insiste un peu trop sur la cuisine Japonaise, on me pardonnera, j’habite dans la même construction que Jinya Ramen et de l’autre côté de la rue il y a Obentoya qui me permettent de rapidement assouvir mes pulsions affamées. Profiter de l’heure de lunch pour se prendre une Bento-box avec de la croque? Yessir.
Je prendrai le temps d’écrire un peu plus sur les nombreux restaurants, les belles découvertes et les amères déceptions – surtout les déceptions parce que c’est toujours plus drôle de toute façon. En plus j’habite à côté de JAPADOG, va bien falloir que j’ose l’essayer éventuellement.
L’identité architecturale
Se promener sur la péninsule de Vancouver nous permet d’apprécier une certaine harmonie dans l’architecture de ses gratte-ciels. Si je compare à d’autres grandes villes telles que Montréal ou Tokyo, Vancouver se distingue par ses bâtisses qui intègrent presque toutes un peu de turquoise et beaucoup de verre. On ajoute à cela le chant des goélands et autres bruits de la mer et Vancouver prend des airs… balnéaires? Cet effet est d’autant plus fort quand on s’attarde à sa ceinture montagneuse et l’omniprésence de l’eau qui nous donne l’impression d’habiter au cœur d’un grand terrain de jeu naturel.
D’un autre côté, cette cohérence architecturale me donne parfois l’impression d’une certaine fausseté, ou d’une ville qui s’est développée que trop récemment. L’éclectisme de Tokyo, par exemple, contribue à faire de chacun de ses arrondissements quelque chose d’unique.
Je trouve donc la ville belle et même ludique ce qui la rend particulièrement agréable à découvrir. Cela dit, difficile pour moi de ne pas vivre un certain malaise quand je marche sur les trottoirs immaculés du Pacific Boulevard quand il se joue à quelques centaines de mètres de là un véritable…
…Drame humain
C’est en marchant vers l’est du quartier de Gastown que Vancouver dévoile son côté sombre. Désormais tristement célèbre, la rue d’East Hastings est reconnue pour sa très forte concentration de misère humaine. Et il suffit de la croiser ne serait-ce qu’une ou deux fois pour comprendre: la rue a de quoi choqué même le plus enhardi des citadins. On y voit par dizaines des gens assis, couchés ou repliés sur eux-mêmes, certains déambulent lentement, la posture avachie. Leurs traits sont tirés, fatigués et souffrant. Ils se soulagent en s’injectant leur fix ou même en se passant la pipe à crack. La consommation de drogues se fait ici à ciel ouvert et l’on s’y habitue tellement qu’elle en devient banale. L’ambiance y est glauque puisque même la mort y règne, littéralement: j’ai même vu des ambulanciers embarquer sans urgence le corps inerte d’une autre victime anonyme de cette crise d’opioïdes. Crise pour laquelle la pandémie n’a évidemment rien fait pour en alléger les supplices. J’y repense et j’en ai encore l’estomac noué. Impuissants face à de telles circonstances, on finit par éviter le quartier pour s’en épargner.
Cette réalité est d’autant plus choquante par son contraste avec le reste de la péninsule qui suinte de richesse spéculative et de condos hors de prix. Si ce jeu de contrastes existe dans presque toutes les métropoles, c’est bien à Vancouver qu’il prend des proportions sombrement exagérées.
Privilège
Après un peu plus d’un mois de vie sur la côte-ouest, je ne peux que m’estimer chanceux et privilégié de vivre une telle expérience. C’était la première fois que je prenais l’avion depuis la pandémie et je compte bien profiter de ce changement d’air pour conclure l’année 2021 sur une note innoubliable. Vancouver est une ville active et d’une grande beauté qui semble néanmoins indifférente à sa misère.